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Le Maroc participe à Paris à un atelier de haut niveau sur les perspectives énergétiques en Afrique

Paris, 17 avril 2019
Un atelier de haut niveau sur les perspectives énergétiques en Afrique, organisé par l'Agence Internationale de l’Energie (AIE), s’est tenu mercredi à Paris avec la participation du Maroc.

Intervenant lors de cet atelier, qui s’inscrit dans le cadre des préparatifs du premier sommet ministériel sur l’énergie, qui sera organisé le 12 juin prochain à Addis-Abeba (Ethiopie), conjointement par la Commission de l’Union africaine (UA) et l’AIE, l’ambassadeur du Maroc en France, M. Chakib Benmoussa, a passé en revue les défis auxquels fait face le continent africain en matière d’accès à l’énergie, soulignant notamment qu'il ne peut y avoir d'industrialisation ni de développement sans accès à l'électricité.

Le continent africain peut réussir le défi de l’accès à l’énergie durable grâce à son immense potentiel en énergies renouvelables, souvent inexploité, a affirmé dans ce sens l’ambassadeur, rappelant que les besoins de l’Afrique en matière d’énergies s’accentuent sur fond d’une explosion démographique appelée à doubler en 2050 et d’un développement économique, qui requièrent un nouveau modèle énergétique capable de répondre à ces besoins tout en respectant les normes environnementales.

S’agissant du Maroc, le diplomate a indiqué que le Royaume s'est doté depuis 2009, conformément aux Hautes Orientations Royales, d'une stratégie énergétique ambitieuse, qui prend en compte les enjeux internationaux et son potentiel, basés essentiellement sur la valorisation des énergies renouvelables, le développement de l’efficacité énergétique et le renforcement de l'intégration régionale.

Cette stratégie, a-t-il expliqué, s'est déclinée en feuilles de route claires avec des objectifs précis et des programmes d'action opérationnels à court, moyen et long termes, avec une vision claire des réformes législatives, réglementaires et institutionnelles et des mesures concrètes pour améliorer continuellement l'attractivité du modèle énergétique marocain.

Les résultats très prometteurs de l’évaluation de la mise en œuvre de la première phase de cette stratégie, a affirmé M. Benmoussa, ont encouragé le Maroc à fixer un nouvel objectif pour accélérer sa transition énergétique, en portant la part des énergies renouvelables de 42 % de puissance installée prévue en 2020, à 52% à l'horizon 2030.

Pour y parvenir, les programmes marocains se focalisent à l'horizon 2030 sur un accroissement de la capacité de production d'électricité, a-t-il précisé en soulignant que ces programmes progressent de manière satisfaisante par rapport à leur planification initiale et que leur état d'avancement actuel atteste de la bonne réalisation des objectifs qui y ont été fixés.

Le Royaume a ensuite placé la barre encore plus haute, suite aux Hautes Instructions Royales, pour dépasser l’objectif actuel de 52% du mix électrique national à l’horizon 2030, a-t-il poursuivi.

L’ambassadeur a évoqué à cet égard la création de nouvelles institutions pour soutenir la mise en œuvre des programmes et projets lancés par le Maroc, notamment dans les domaines des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique, à l’image de l’Autorité Nationale pour la Régulation du Secteur d’Electricité (ANRE).

Par ailleurs, le Maroc est en voie de mettre en œuvre un programme ambitieux de développement du gaz naturel avec un investissement de 4,6 Mrds de dollars, qui prévoit la réalisation d’un terminal gazier et des centrales à cycle combiné, a-t-il indiqué le diplomate.

M. Benmoussa a rappelé en outre que le Maroc a signé à Bruxelles la déclaration conjointe pour l’ouverture du Marché des EnR entre les pays partenaires de ce projet, à savoir le Portugal, la France, l’Espagne et l’Allemagne, l’objectif étant d'accroître les échanges d'énergies renouvelables résultant de l'intégration du marché de l'électricité dans les cinq pays signataires.

Après avoir souligné que l’introduction de la technologie du «Smart Grid» dans le réseau électrique national du Maroc permettrait de relever les défis liés à l’exploitation et à la maintenance du réseau électrique national, l’ambassadeur a assuré que le Royaume avance à pas sûrs vers la transition énergétique et la diversification de son mix électrique à travers le recours aux énergies renouvelables.

Toutefois, la Maroc ne veut pas se limiter au rôle de consommateur des technologies dans ce domaine, a-t-il souligné en précisant que l’intégration industrielle locale constitue une composante importante dans sa stratégie énergétique.

Soutenir la recherche et l’innovation dans le domaine des énergies renouvelables représente un élément essentiel pour aboutir à de nouvelles solutions pour une meilleure intégration des EnR, a-t-il insisté en passant en revue les dernières nouveautés mis en œuvre dans ce domaine.

Et l’ambassadeur de conclure que le Maroc a su transformer ses contraintes en opportunités d’investissements, avec la mise en place de réformes importantes et l’engagement dans de grands chantiers de développement énergétique, qui présentent de réelles opportunités, évaluées à l’horizon 2030 à plus de 40 milliards de dollars, dont les 3/4 pour les énergies renouvelables.

Dans une allocution à cette occasion, le Directeur exécutif de l’Agence internationale de l’Energie, M. Fatih Birol, a salué, pour sa part, la politique énergétique du Maroc et son engagement croissant pour réaliser la transition vers un nouveau modèle économique durable, ainsi que la disposition du Royaume à partager son expérience avec l’Agence, en vue de la mettre au service des pays africains.

M. Birol s’est également félicité du niveau de la coopération bilatérale dans les domaines de la sécurité énergétique, des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique, du renforcement des capacités et des données et statistiques, et ce, dans le cadre du partenariat d’association (le Maroc est le premier pays de la région MENA à avoir intégré l’AIE en tant que membre d’association).

Le Directeur exécutif de l’AIE a en outre annoncé qu’il effectuera prochainement une visite au Maroc, à l’invitation de M. Aziz Rebbah, ministre de l’énergie, des mines et du développement durable, pour examiner avec les responsables marocains le bilan approfondi de la politique énergétique menée au Royaume, ainsi que pour préparer l’organisation du lancement du centre de l’excellence sur la formation énergétique en faveur des pays africains.

Créée en 1974 à la suite du premier choc pétrolier, l'AIE, dont le siège se trouve à Paris, est une organisation internationale destinée à faciliter la coordination des politiques énergétiques des pays membres.

Elle a aussi pour but d'assurer la sécurité des approvisionnements énergétiques (pétrole principalement) afin de soutenir la croissance économique.