Royaume du Maroc
Armoirie du Royaume du Maroc
Carte du Royaume du Maroc

Diversité culturelle

| Peinture : Musique gnaoua - Essaouira
| Festival national de la musique andalouse - Fès

Le préambule de la loi fondamentale du Royaume rappelle que le Maroc est un:

« État musulman souverain, attaché à son unité nationale et à son intégrité territoriale, le Royaume du Maroc entend préserver, dans sa plénitude et sa diversité, son identité nationale une et indivisible. Son unité, forgée par la convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, s’est nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen. La prééminence accordée à la religion musulmane dans ce référentiel national va de pair avec l’attachement du peuple marocain aux valeurs d’ouverture, de modération, de tolérance et de dialogue pour la compréhension mutuelle entre toutes les cultures et les civilisations du monde ».

Tout en procédant à un dénombrement très large des valeurs fondamentales qui régissent la société marocaine, le préambule de la Constitution du Royaume définit également le cadre institutionnel et étatique à l’intérieur duquel s’articulent ces différentes valeurs.
L’affirmation de celles-ci dénote clairement la détermination et la volonté de rejeter et d’annihiler toute idée de différenciation ou de discrimination fondée sur le sexe, la couleur, les croyances, la culture, l’origine sociale ou régionale, la langue ou l’handicap sous toutes ses formes.
Ainsi, à travers cette affirmation, la Constitution trace, de manière claire et évidente, les contours du champ à l’intérieur duquel toutes les composantes de la société marocaine trouvent pleinement leur place et au sein duquel elles sont appelées à contribuer à préserver et à enrichir, ensemble, la diversité culturelle et linguistique du Maroc.
En affirmant que le Maroc est un Etat musulman, attaché aux principes de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale et en assurant que son identité nationale est une et unique, bien que formée de composantes nombreuses et variées, la Constitution marocaine a mis en place un processus dans lequel l’Etat garantit aux différentes identités individuelles et collectives leur droit à s’exprimer, s’engageant, par là même, à assurer, inexorablement, la visibilité sociopolitique de toute forme d’expression culturelle, linguistique et identitaire, qu’elle soit nationale, régionale ou locale.
Dans cette vision, l’affirmation de la place de chacune des composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, dans l’édification de l’unité du Royaume et son enrichissement par ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen, ouvre la voie à une nouvelle forme de gouvernance culturelle et linguistique fondée sur la reconnaissance des différentes potentialités culturelles nationales et territoriales et auxquelles il convient d’assurer le rayonnement dans les espaces institutionnels, sociaux, culturels et médiatiques, tant à l’échelon national qu’à l’échelon régional ou local.

  • La langue arabe

L'arabe classique est la langue du Saint Coran. Elle est une langue très riche à laquelle le livre sacré confère une dimension quasi incantatoire. Raison pour laquelle elle est largement répandue dans les sphères religieuses et dans la pratique des rites musulmans. Elle est, à coté de la langue Amazighe, la langue officielle du pays.
A ce titre elle est utilisée comme moyen d’expression linguistique en politique, dans l’Administration, dans les instances juridictionnelles ainsi que dans les milieux culturel, artistique et médiatique. En outre, elle est très présente dans l'enseignement. Dans ce cadre et afin de faire de l’arabe une langue d’enseignement disposant d’outils pédagogiques adéquats et une langue des sciences et techniques, l’université marocaine s’est dotée, dès 1960, de l’Institut d’Etudes et de Recherches pour l’Arabisation (I.E.R.A).

  • La langue amazighe

Deuxième langue officielle du Maroc, l'amazighe (la langue berbère), est parlée par plus de la moitié des Marocains. Elle est la langue la plus ancienne du Maghreb et remonterait au Néolithique.
Même si certains considèrent qu’elle est exclusivement orale, la langue Amazigh dispose, néanmoins, d'un alphabet appelé Tifinagh que certaines études archéologiques font remonter 3000 ans avant J-C.
L’amazighe est divisée en trois dialectes :
- le Rifain, ou Tarifit, parlé dans le Rif (au nord de Maroc).
- le Tamazight (ou berbère) parlé dans le Moyen Atlas, une partie du Haut-Atlas et diverses vallées comme la vallée du Dadès, par exemple.
- le Tachelhit pratiqué par les populations du Haut-Atlas, du Sous et du littoral du sud du Maroc.
Ayant acquis le statut de langue officielle, la langue Amazigh connaît, depuis peu, une dynamique de revitalisation de son corpus. Cette mission incombe à l’Institut Royal de la Culture Amazigh (IRCAM).
En effet, celui-ci a pour vocation de présenter à Sa Majesté le Roi, des avis sur les mesures et les dispositions visant à sauvegarder et à promouvoir la langue et la culture amazighes dans toutes ses formes et expressions.

  • L'arabe dialectal

L'arabe dialectal, appelé Darija, est très largement répandue et est parlée par quasiment tous les Marocains, toutes composantes confondues. La Darija est inspirée, dans une très large mesure, de l'arabe classique. Il n’en demeure pas moins que, pour des raisons historiques et de proximité géographique, elle a été influencée par le français et l'espagnol. On y trouve, également, quelques bribes de certains dialectes d'Afrique Noire et quelques éléments du portugais, de l’anglais et même de l’italien. C’est une langue dialectale qui n’est pas figée et est en constante évolution.
Elle est aussi le vecteur et le support d’expressions artistiques populaires comme le Malhoune, le Zajal, la Aayta, etc.
La Darija n’est ni homogène ni uniforme : elle varie d’une région à l’autre. Voire d’une ville à l’autre. Elle comprend, globalement, quatre grandes variantes:
- la première, d’obédience citadine, s'inspire de l'Andalou. Elle est répandue dans certaines anciennes villes comme Fès, Rabat, Salé et Tétouan;
- le parler montagnard est usité dans la région du Nord-Ouest (Jbala) et puise ses origines dans l'amazigh;
- le parler bédouin évolue dans les communautés des plaines atlantiques (Gharb, Chaouïa, Doukkala, Aabda, Zaër, etc.). On le trouve aussi dans les plaines intérieures comme le Haouz de Marrakech et le Tadla;
- le parler Hassani est largement répandu dans les provinces sahariennes du Maroc. Il est pratiqué dans la plupart des villes du sud du Royaume comme Laâyoune, Dakhla, Smara, Boujdour, Lagouera, Tan-Tan, Tarfaya, Guelmim, etc. Malgré ces variantes, la Darija est l’arabe dialectal que l'on parle à la maison, dans la rue, dans les lieux public et c’est à travers elle que se forgent l`éducation et la culture populaire au Maroc. Elle transcende la variété des autres dialectes.